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«Les projets de parcs éoliens sont gelés» Merci, Madame la Préfète !

01/02/2018

L'article ci-dessous paru dans "l'Echo Républicain" de ce jour nous apporte une bouffée d'espoir.

Mais restons vigilants: on ne lâche rien !

 

NB: Consultez ICI le dossier complet d'élaboration de la  directive paysagère de la DREAL: c'est passionnant !

 

La vue sur la cathédrale de Chartres bientôt sous protection

 

Publié le 08/01/2018 à 14h00

 

Une procédure de près de deux ans va réglementer les constructions dans les cônes de vue de la cathédrale de Chartres. Une première en France.

 

Alertée, à l’été 2017, par l’Unesco sur la pollution visuelle des cônes de vue de la cathédrale de Chartres, la préfecture d’Eure-et-Loir s’est rapidement emparé de ce dossier sensible.

Le constat est alarmant avec des réalisations anarchiques sur trois thématiques. On constate une multiplication des parcs éoliens, une construction massive, et désordonnée, de bâtiments à vocation économique et une urbanisation intensive, sans analyse de l’environnement.

 

La cathédrale de Chartres, construite entre 1194 et 1220, monument historique depuis 1862, fait partie de la première liste des monuments classés par l’Unesco, en 1979.

Ces trois types d’ouvrages polluent la vue sur la cathédrale, sur 360 degrés, que ce soit à proximité ou dans un rayon de trente kilomètres.

 

La préfète, Sophie Brocas, veut préserver ce monument historique : « La cathédrale de Chartres est un joyau du département, une pépite mondiale et un trésor pour le tourisme. Mais, au fil des décennies, les cônes de vues de cet édifice de 115 mètres de haut ont fortement diminué. »

 

Mi-décembre, elle a donc annoncé aux rares maires présents à la Chambre d’agriculture, l’élaboration d’une directive paysagère dont elle espère l’approbation par décret, du Conseil d’État, fin 2019 : « C’est une première en France ! »

La préfète va recevoir tous les porteurs de projets et les investisseurs pour évoquer avec eux cette directive en cours d’élaboration. Mais elle prévient : « Les projets de parcs éoliens sont gelés. » Dix dossiers, soit une soixantaine d’éoliennes, étaient en cours de montage dans la périphérie chartraine.

 

 

 Sur ces documents de la préfecture d'Eure-et-Loir, on peut voir, en violet,

les zones concernées par la directive paysagére de la cathédrale.

La zone violette au centre, située au Nord de saint Denis-des-puits est clairement identifiée.

 

19 maires sur 106, concernés par le périmètre de préservation de la vue de la cathédrale, ont assisté à la réunion d’information, mi-décembre.

Le président de Chartres Métropole, Jean-Pierre Gorges, se réjouit de cette directive paysagère appelée à réglementer les constructions : « L’État et les collectivités ont commis des erreurs par le passé. À l’image de l’usine Orisane, à Mainvilliers, ou encore l’établissement de ravitaillement sanitaire des armées, à Chartres. Ils dégradent la vue majestueuse de la cathédrale. »

Et de citer aussi les Hôpitaux de Chartres, au Coudray. Il pointe d’autres « balafres visuelles » comme le pylône électrique des Hauts-Saumons, à Chartres.

Et de préciser : « Chaque équipement vétuste, déjà en place, mais qui pollue la vue, fera l’objet d’une étude. Soit pour le reconstruire différemment, soit le reconstruire ailleurs si c’est possible. »

Jean-Pierre Gorges cite un autre exemple : « La première pollution est à proximité. Je fais enlever tous les panneaux publicitaires. J’ai testé un panneau numérique porte Morard, mais c’est pire. Il va être enlevé. »

 

Trente réunions techniques, avec concertation des divers acteurs, et des informations au public sont prévues jusqu’en septembre 2019, avant le décret en Conseil d’État.

 

Le maire de Prunay-le-Gillon, Jackie Ferré, s’est inquiété sur le lobbying des industriels. La préfète affiche sa sérénité et évacue toute forme de chantage ou de pression : « Même si on nous propose 400 emplois à la clef, sur un site, à la vue protégée, on réfléchira pour accueillir l’entreprise sur un autre emplacement. » Sophie Brocas insiste : « Je ne veux pas empêcher le développement économique, mais simplement définir des règles. »

D’autres élus se sont plaints du développement des antennes implantées sur les châteaux d’eau. Ces cas seront étudiés.

 

« Le label Unesco implique de protéger et de valoriser durablement »

Le numérique sera utilisé pour déterminer les vues de la cathédrale de Chartres à préserver.

La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) a été missionnée pour mettre en place cette directive paysagère. Elle s’appuiera sur des outils informatiques dont le Modèle numérique de terrain (MNT), le Modèle numérique d’élévation (MNE) et un logiciel de visibilité.
Le chef de mission de la Dreal, Thierry Moigneu, souligne : « Nous irons également sur le terrain nous rendre compte des perspectives pour comparer avec nos calculs et nos relevés numériques. » Les experts de ce dossier, qui devraient découper les 360 degrés de la cathédrale en quatre secteurs, détermineront des zones de vues à préserver.

 

Ces axes visuels seront, ensuite, qualifiés en vue majeure ou en vue secondaire sur des critères de sélection précis. La première signifie que l’on voit la cathédrale dans son intégralité. La deuxième, que l’on distingue ses flèches et sa toiture.
Les spécialistes établiront, ensuite, des hauteurs maximales pour construire en fonction des vues à protéger. Elles seront, évidemment, différentes si l’on se trouve dans une vallée ou sur un sommet, et face à des obstacles ou parasites tels que des bâtiments, des arbres et des poteaux.

 

L’élaboration de cette directive paysagère, et donc d’une cartographie chirurgicale, réclamera une étude très poussée, comme le concède Thierry Moigneu : « Le label Unesco implique de protéger et de valoriser durablement la valeur universelle exceptionnelle du bien, et notamment des vues à courte, moyenne et longue distance, qui contribuent à une identité locale affirmée. »

 

Thierry Delaunay
thierry.delaunay@centrefrance.com

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